Courseulles-sur- Lac Magog

Alain Labbé, directeur de l’école Gilbert Boulanger à Courseulles-sur-Mer a de la suite dans les idées : pendant une vingtaine d’années, l’envie de monter un échange sur le thème de la francophonie lui avait trotté dans la tête.

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Sa prise de fonction en septembre 2016 à Courseulles-sur-Mer, ville jumelée avec le Québec qui abrite le Centre Juno Beach, a été l’élément déclencheur. « L’école devrait être un lieu où les enfants vont voir ce qui se passe ailleurs » est son credo et il n’a eu qu’un but : à l’image du pilote éponyme de leur école, ses élèves voleraient au-dessus de l’Atlantique. Eux feraient le chemin inverse et iraient à la découverte de leurs cousins québecois. Dès janvier 2017, il présentait son projet aux parents d’élèves de CM1 : l’année 2017 serait consacrée à la construction du projet et au montage financier et les mobilités réciproques se feraient en 2018 quand les élèves seraient en CM2. Il a su convaincre les parents qui ont vu là une opportunité de faire vivre une expérience unique à leur progéniture et ont dans la foulée fondé une association « Ensemble au Québec ». L’adhésion et la dynamique créée par les parents a été l’élément-clé du projet : chacun-e a mis ses compétences à contribution et fait jouer ses réseaux et les quelques 25 000 euros requis ont pu être collectés. Parallèlement Alain Labbé, en collaboration avec Angela Elias, directrice de l’école Brassard/StPatrice à Magog a monté un projet pédagogique centré sur la francophonie, la découverte du fonctionnement de l’école de l’autre, l’histoire locale et les différences culturelles. Les jeunes devaient impérativement être au centre du projet : ainsi par exemple les CM2 ont été les guides de leurs correspondants lors de la visite du Centre Juno Beach.

Décliné en trois temps :

  • l’avant, période de découverte et d’approfondissement dans tous les domaines d’étude de l’école élémentaire, en lien étroit avec les instructions officielles ;
  • le pendant, temps de la « fabrication de souvenirs » pendant lequel chacun-e tiendra un cahier de bord ;
  • l’après, temps de la dissémination auprès des autres élèves, des parents et de la ville sous diverses formes : exposition de travaux, projection de photos, « clavardage » sur internet

ce projet a été un réel « parcours de vie » pour tous les enfants, tant canadiens que français et des liens si forts se sont tissés entre les familles d’accueil que plusieurs d’entre elles ont déjà pris l’avion pour aller à la découverte du monde de l’autre !

Mission « Québec » réussie avec brio par Alain Labbé. Le mot de la fin à ses élèves : « C’était tiguidou ! »