« Ecuweil, écuweuil, écureuil ! »

Chelsea Shaffer, professeure de français au lycée d’Oxford, Mississipi, avait gardé un excellent souvenir de son expérience d’assistante d’anglais au lycée Thomas Corneille à Barentin, de 2015 à 2017.

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C’est pourquoi, avec l’appui de son compagnon Charlie, professeur de français à l’université d’Oxford, elle avait repris contact avec l’établissement afin de travailler sur un accueil de ses élèves. Caroline Fouquer, professeure d’anglais, et Loys Jeanne, professeur de DNL histoire-géographie, tous deux très investis à l’international ont aussitôt répondu par l’affirmative et se sont lancés dans la construction de ce projet. Et c’est ainsi que seize jeunes Américains ont jeté un pont entre le Mississipi et l’Austreberthe du 10 au 13 mars 2019. Si les deux premiers jours furent consacrés à des visites culturelles (Rouen et l’Historial Jeanne d’Arc, Mémorial de Caen, Omaha Beach), les deux journées suivantes eurent lieu au lycée. Au menu : journée complète de cours « à la française » le mardi et temps d’échange portant notamment sur la comparaison entre les systèmes éducatifs français et américain en faisant le yoyo entre le français et l’anglais le mercredi avant une séparation toujours forte en émotions.

Cette mobilité a pleinement satisfait élèves et enseignants. Les jeunes Américains qui avaient fait le choix  d’un hôtel à Rouen, attirés par les lumières de la ville, enviaient en fin de séjour les six « happy few » qui avaient séjourné en famille dans la vallée de l’Austreberthe et tous ne parlaient que d’une chose : revenir au plus vite ! Les enseignants se félicitaient de l’investissement de leurs élèves et de la richesse des échanges. Quelques moments forts rythmèrent ce séjour comme la leçon de prononciation un tantinet sadique – mais accomplie avec de grands sourires par la victime consentante - que Yannis fit subir à son correspondant. « Écureuil » et « huître » resteront dans les mémoires ! Une autre belle image fut ce dernier repas pris à la cantine : une immense et seule table franco-américaine où – hormis les accents un peu hésitants – il était impossible de deviner qui était qui. Truite de l’Austreberthe ou poisson-chat du Mississipi ? Les ressemblances l’emportaient largement sur les différences. De cette première pierre rendue possible par l’accueil un jour au sein de l’établissement d’une assistante étrangère, les enseignants veulent bâtir un échange pérenne à forte dimension historique et interculturelle.

Rendez-vous dans 10 ans pour faire le point ?