Éducation à la sexualité

Obligatoire aux trois niveaux de scolarité (l’école, le collège et le lycée), l’éducation à la sexualité doit être définie par le CESC en lien avec les parents et mise en œuvre par tous les personnels de l’éducation nationale dans le cadre de séances dédiées mais aussi au travers des enseignements.

L’éducation à la sexualité apporte aux élèves des informations objectives et des connaissances scientifiques, aborde également les dimensions relationnelle, juridique, sociale et éthique de la sexualité et accompagne leur réflexion sur le respect mutuel, le rapport à l'autre, les règles de vie en commun, le sens et le respect de la loi.

L'éducation à la sexualité : 3 champs de connaissances et de compétences

L’éducation à la sexualité s’organise en lien avec le socle commun de connaissances, de compétences et de culture (domaine formation de la personne et du citoyen) et des programmes d’enseignements scolaires (notamment l’enseignement moral et civique, les sciences, le français, les arts, etc.). Elle est mise en œuvre au quotidien dans l’attention portée aux relations entre élèves (en particulier dans les échanges langagiers), dans le traitement pédagogique des événements de la vie scolaire, des réponses aux questionnements ou curiosités des élèves, dans les enseignements disciplinaires ou les projets pluridisciplinaires. Dans le cadre du projet d’école ou d’établissement, l’ensemble de la communauté éducative peut être sollicité pour la conception d’un projet intégrant les différentes dimensions de l’éducation à la sexualité.

Action locale inspirante

Au collège Europe à Cormeilles, un projet global d’éducation à la sexualité réunit les acteurs de la communauté éducative et ses partenaires (dont l’ARS, la BPDJ, le GAPASE, l’association L’Abri) en proposant aux élèves et aux parents des ateliers et visioconférences ; le CESC du collège construit ce projet en lien avec les programmes d’enseignement de SVT et le parcours éducatif de santé.

De nouveaux enjeux sociétaux sont à prendre en compte : l’accès aux écrans et ainsi aux images pornographiques avec leur impact potentiel sur les enfants ou les adolescents, les risques de sexting non consenti, de revenge porn ou de cybersexisme, etc., peuvent impacter la scolarité d’un jeune et le climat d’une classe ou d’un établissement.

Selon l’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (OPEN), en 2017, 63% des garçons et 37% des filles de 15 à 17 ans ont déjà au moins une fois surfé sur un site pour y voir des films pornographiques ; 53% des jeunes hommes et 59% des jeunes femmes estiment qu’ils étaient "trop jeunes" pour voir une vidéo pornographique.

Certains adolescents peuvent faire état d’une vulnérabilité face à des images violentes et sexuelles.

Action locale inspirante

Au collège Janine Vancayzeele à Thiberville, les deux référentes égalité filles/garçons proposent une action transdisciplinaire impliquant des notions scientifiques et info-documentaires sur la lutte contre les stéréotypes. Il s’agit de repérer les normes, rôles et activités assignés aux personnes suivant leur appartenance à un sexe, en répondant aux objectifs du parcours citoyen (responsabiliser les élèves dans leur vie quotidienne, favoriser la coopération entre filles et garçons) et du parcours santé (connaître son corps et le respecter, être libre et responsable dans ses choix). Les thèmes du consentement, de la pornographie et cyberpornographie sont travaillés à partir de la lecture du roman « POV (Point of view) » de Patrick Bard.

L’éducation aux médias et à l’information participe du développement d’une pensée critique face aux usages des écrans, notamment par l'analyse des modèles et des rôles sociaux véhiculés par les médias. Le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir met à disposition de la communauté éducative de courtes vidéos et des images analysées pour travailler la question des représentations et des stéréotypes sexués dans l’image, enjeu d’égalité et de prévention des violences sexistes. De plus, le centre Hubertine Auclert propose des ressources sur le cybersexisme.

Action locale inspirante

Au lycée Prévert à Pont-Audemer, un groupe de professeurs (documentalistes et SVT) encadrent deux émissions radio dédiées à l'éducation à la santé et à la sexualité et à l'égalité filles/garçons dans l'année, diffusée lors de journées radio sur la bande FM et en streaming.

Dans le même établissement, un atelier "book trailer" est mis en place.

 Afin d’agir en prévention des violences sexistes et sexuelles, des ressources sont mises à disposition des équipes éducatives et pédagogiques sur le site Eduscol, en particulier le guide "Comportements sexistes et violences sexuelles : prévenir, repérer, agir" mis à jour en novembre 2019 et des formations sont proposées aux professeurs .

Action locale inspirante

Le collège Pierre-Simon de Laplace à Lisieux organise avec le CIDFF (Centre d’Information sur le Droit des Femmes et des Familles) des interventions afin de faire connaître aux élèves les différentes formes de violences, notamment sexistes et sexuelles, leurs conséquences et le cadre juridique.

En cas de violence sexiste ou sexuelle, le rôle des adultes en milieu scolaire est primordial pour protéger les enfants et adolescents, alerter et signaler aux autorités compétentes les situations préoccupantes. En ce sens, l’éducation à la sexualité participe à la protection de l’enfance : il ne s’agit pas uniquement d’apprendre aux élèves que leur corps leur appartient et qu’il leur faut dire non aux agresseurs ; les adultes se doivent d’être des personnes ressources vers qui les élèves peuvent se tourner car les enfants ne peuvent être les seuls responsables de leur protection.