Entretien

Avec Jean-Christophe Prigent, professeur d’anglais au Lycée Augustin Hébert d’Évreux.

Temps de lecture 5 minutes

Tout d’abord comment ce projet est-il né et quelles en ont été les évolutions ?

Tout est parti d’un chantier international à Daubeuf-la-Campagne en 2011. Des amitiés ont vu le jour entre les délégations présentes, notamment la délégation norvégienne. Du coup, nous avons eu envie de nous associer à un lycée norvégien. Deux enseignants accompagnés de cinq élèves se sont rendus en Norvège en 2012, puis nous avons déposé un dossier Leonardo. Suite à une visite préparatoire sur place, nous avons tissé des liens forts avec le lycée professionnel de Knarvik et le tout s’est concrétisé en octobre 2013, lorsque six de nos élèves ont fait un stage en entreprise de deux semaines au sein de sociétés norvégiennes, toujours avec un financement Leonardo. Les Norvégiens sont venus à leur tour effectuer un stage de deux semaines dans des entreprises normandes au printemps 2014. Nous envisageons de pérenniser cet échange et avons déposé un projet Erasmus+ à cet effet.

Pouvez-vous nous décrire quelques actions qui ont été menées dans le cadre de ce projet ?

En octobre 2012, deux de nos élèves ont participé à un chantier international à Modalen. Nous avons également pu revoir nos collègues norvégiens lors de la rénovation de la tour de la sirène du château de Gaillon au printemps dernier. Mais le réel aboutissement de trois ans de travail a été le séjour de nos élèves dans des entreprises norvégiennes.

Combien d’enseignants et de jeunes ont été directement impliqués par ce projet ?

Depuis le début du projet, treize élèves se sont rendus en Norvège. Nous pensons élargir ce projet l’an prochain en ne le limitant plus aux techniciens constructeur bois. Nous allons l’ouvrir aux techniciens étude du bâtiment. Indirectement, l’impact a été assez significatif, ne serait-ce qu’au sein des classes impliquées. Au niveau de l’établissement, des photos que nous envoyions lors de nos séjours en Norvège étaient projetées sur un écran. Tous pouvaient ainsi voir nos élèves en stage sur les chantiers. Au niveau des enseignants, nous étions trois directement impliqués, et là encore l’équipe va être élargie l’an prochain afin que ce projet ne s’essouffle pas.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Nos élèves ont progressé de manière significative en anglais, au-delà même de nos espérances. C’est vraiment la cerise sur le gâteau ! Par ailleurs, un des élèves qui était du tout premier voyage s’est vu offrir un CDI et, deux ans plus tard, il travaille toujours en Norvège. Au niveau des enseignants, cela a un peu dynamisé les équipes, même si le projet est un peu lourd à porter avec uniquement trois personnes.

Le referiez-vous et quels conseils donneriez-vous à des collègues qui veulent se lancer ?

Oui, sans hésiter ! Si je peux me permettre un ou deux conseils, ce serait de savoir déléguer et d’être précis dans les tâches qui incombent à chacun. Toujours beaucoup communiquer, il faut très souvent se réunir et partager, et bien respecter les étapes fixées. Une réunion par mois est vraiment un minimum. Je pense aussi que l’équipe ne doit pas uniquement être basée sur un rassemblement d’amis, mais sur des compétences. Il faut aussi avoir le soutien de sa direction.

Quelle communication a été faite autour de ce projet ?

C’est un aspect que l’on va s’efforcer de développer. Nous avons communiqué lors de nos séjours en Norvège, mais entre deux déplacements, je pense que nous avons été trop discrets. Nous avons quand même contacté la presse locale et nous avons essayé d’impliquer les familles. Une grande satisfaction est venue des entreprises qui ont accueilli des lycéens norvégiens : elles nous ont servi de relais auprès d’artisans locaux et souhaitent se joindre au lycée lors de notre prochain déplacement.

Quelles sont vos perspectives pour l’avenir ?

Nous avons déposé un dossier Erasmus+. Les entreprises qui ont accueilli les Norvégiens au printemps dernier souhaitent participer au week-end intermédiaire lors du séjour de nos stagiaires pour aller à la rencontre des professionnels nordiques et découvrir leurs pratiques.

Trois mots qui vous viennent à l’esprit quand je vous dis : projet Norvège ?

Dépaysement,  échanges, découverte.