Europro

Interview avec Daniel Maunier, chef des travaux du Lycée Louise Michel à Gisors sur l’échange franco-allemand Europro.

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Europe et International

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-Depuis quand des élèves de votre établissement vont-ils en Allemagne ?

Notre dispositif d’échanges franco-allemands existe depuis 1992, dans une configuration différente de celle que nos élèves connaissent actuellement. Il a été créé par M. Rey, professeur de production mécanique. Ses élèves allaient dans une entreprise allemande et il n’y avait pas de réciprocité. À partir de 2006, la formule a changé. Nous avons intégré le dispositif Europro qui permet de valider des compétences acquises à l’étranger. Avec le biais du Secrétariat Franco-Allemand (SFA), nous avons pu monter un vrai échange, et nous en fêtons les 10 ans cette année !

-Combien d’élèves partent chaque année ?

Ce dispositif concerne les Bac pro technicien d’usinage. Nous avons une demi-section et les 15 élèves concernés partent et nous accueillons 13 Allemands chaque année.

-Où vont-ils en Allemagne ?

Toujours dans la même entreprise depuis 2006, Vattenfall, dans la ville de Spremberg. L’école de formation est à Forst, à 200 mètres de la frontière polonaise. Nos élèves résident dans l’auberge de jeunesse de Cottbus.

-Quelle est la durée du séjour ?

Ils restent 3 semaines car le SFA apporte un financement dans la mesure où les élèves restent un minimum de 20 jours sur place. L’échange se passait sur un mois au début mais cette durée a été réduite à 21 jours. C’est largement suffisant pour des élèves encore jeunes. Pour la majorité d’entre eux, c’est leur premier séjour seuls, à l’étranger de surcroît.

-Comment se décomposent ces trois semaines ?

En amont, on les prépare un peu à la langue allemande car il faut savoir qu’aucun de nos élèves n’est germaniste au départ. On veut leur donner en quelques heures une « boîte à outils de survie ». Ensuite, la première semaine sur place est consacrée à des « cours-tandem ». Avec leur homologue allemand, ils réalisent des exercices ludiques pour pouvoir échanger. Le partage est mis en avant. Les deux semaines suivantes, on rentre dans le cœur du métier car ils doivent fabriquer quelque chose. Le produit final n’est pas de haute technicité, mais exige qu’ils connaissent des termes allemands tels que lime, scie, et le travail final sera évalué par les formateurs allemands. Chaque élève fait ensuite une soutenance orale à son retour, en intégrant de l’allemand, notamment le vocabulaire technique propre à leur métier.

-Passent-ils l’option facultative de mobilité ?

Oui, l’an dernier déjà, dès sa mise en place. Et ils l’ont de nouveau passée cette année. C’est un gain réel pour ces élèves qui font leur période de formation en milieu professionnel (PFMP) à l’étranger.

-Quels enseignants sont concernés par ce dispositif ?

Leurs enseignants bien sûr, et aucun n’est germaniste. Six enseignants partent avec une formule de roulement, deux par semaine. Ils supervisent ce qui se passe au niveau des élèves, et ça rassure ces derniers d’avoir leurs professeurs.

-Comment expliquez-vous que vous êtes le seul établissement de l’académie à profiter de ce dispositif ?  Est-ce si compliqué ?

Non, loin de là ! C’est tellement plus simple que ce que j’ai pu connaître avec les anciens dossiers Léonardo ou les nouveaux dossiers Erasmus+. C’est financé à hauteur de deux tiers par les Allemands. C’est peut-être le barrage de la langue qui fait peur.

-Que diriez-vous aux collègues d’autres établissements ?

Foncez ! Foncez, même si vos élèves ne sont pas germanistes. Nos élèves sont anglicistes, mais ça se passe très bien ! Ils arrivent toujours à communiquer, avec de l’anglais, des gestes, et le petit bagage que nous leur donnons avant leur départ. Ils acquièrent vite le vocabulaire technique de base, et ils se montrent les gestes à effectuer pour réaliser leur produit. Alors, n’ayez pas peur, et foncez !