Labels eTwinning national et européen.

Entretien avec Stéphanie Giordano, professeure des écoles à Saint-Maclou-de-Folleville.

Temps de lecture 5 minutes

- Pourriez-vous nous présenter votre établissement ?

C’est une école de trois classes de cycle 2 qui fait partie d’un regroupement scolaire de onze classes sur quatre communes. L’an dernier, j’avais une classe de CE1 avec laquelle j’ai mené le projet eTwinning « Ra…conte-moi une histoire ».

- Parlez-nous de ce projet qui a été une belle réussite puisqu’il a obtenu les labels eTwinning national et européen.

J’avais déjà participé à des projets eTwinning, mais en me raccrochant à des projets existants.  Là, c’est le premier projet que je pilotais entièrement. Mon objectif principal était de créer une histoire avec une autre classe européenne, un conte participatif où chacun raconterait alternativement un épisode de l’histoire, projet qui se déroulerait sur toute l’année scolaire. J’avais posté une annonce sur le forum eTwinning et une collègue roumaine m’a contactée. Nous avons décidé de travailler ensemble, avons fixé les modalités du projet et dessiné le calendrier sur l’année scolaire à venir. J’ai alors inscrit le projet et ai obtenu l’accord d’eTwinning. Notre page twinspace (espace de travail collaboratif virtuel) était ouverte et c’était parti ! J’avais au préalable participé à une formation eTwinning par vidéo-conférence et je m’étais appuyée sur les conseils d’un ambassadeur etwinning. Tout est très simple à réaliser, il n’y a pas besoin d’avoir  beaucoup de connaissances en informatique. On a à notre disposition des outils qui nous permettent de nous lancer sans difficultés.  Nos élèves respectifs se sont présentés à travers un Padlet (mur virtuel) sur twinspace. La langue de travail était le français et il y a eu présentation individuelle de chaque enfant, présentation collective de l’école, de la commune, de la région et du pays à travers divers documents tant déposés sur twinspace que postés par courrier postal. Ils se sont ensuite envoyés des cartes de vœux de Noël et on a commencé dans chaque classe un travail sur un conte commun aux deux pays « Les trois petits cochons ». Lors d’une vidéo-conférence, chaque classe a lu le conte dans sa langue d’origine. Tout ce travail a permis de créer des liens et une volonté de travailler ensemble et a commencé le travail sur la création d’un conte animalier. Par une série de votes, ils ont choisi les personnages, ce qui a été l’occasion de tout un travail de communication, de débats entre les deux classes. Ma classe a commencé la rédaction du premier épisode qui a été déposé sur Framapad (éditeur de texte collaboratif). Les Roumains ont écrit l’épisode suivant et ainsi de suite. Les élèves étaient impatients de voir comment le conte rebondissait. Le livre final en édition bilingue illustré par des dessins des enfants a été édité en Roumanie et chaque élève a pu garder son exemplaire. J’ai ensuite enregistré mes élèves et j’ai créé un livre numérique sur  Didapages en rajoutant la bande sonore des élèves en train de lire le conte. Pour finir, il a été mis en scène et joué en pièce de théâtre pour le spectacle de fin d’année auquel ont assisté les parents. Et à la fin de la représentation, j’ai remis à chaque élève son diplôme de label national.

- Quelles ont été les répercussions sur vos élèves ?

Cela a permis de souder le groupe classe et mes élèves ont développé beaucoup de compétences sans qu’ils ne s’en rendent compte. Ils ont notamment travaillé avec beaucoup de plaisir la production de l’écrit. Certains élèves étaient également très fiers d’avoir réussi à participer entièrement au projet, et notamment, pour ceux qui avaient des difficultés de lecture, d’avoir su lire l’extrait enregistré. Ils ont pris confiance en eux, je dirais qu’il y a eu une énorme plus-value notamment au niveau du respect et de l’écoute de l’autre.

– Était-ce une expérience sans lendemain ?

Non, j’ai plein d’autres projets mais pour le moment, nous avons des problèmes de connexion internet, or, pour ce type de projet, il est préférable que les élèves puissent communiquer directement avec les partenaires à travers le twinspace.

- Qu’est-ce qu’eTwinning vous apporte dans votre pratique pédagogique ?

Il me coûte de ne pas pouvoir en mener un pour le moment car ces projets me stimulent. Je participe à un projet Erasmus+ mais j’ai hâte de pouvoir faire travailler à nouveau mes élèves sur un nouveau projet. Je dirais à tous les collègues de se greffer à un petit projet déjà existant afin de débuter et de voir tout ce que ça peut leur apporter. Il faut juste oser se lancer !