Lycée Européen des Métiers Françoise de Grâce, Le Havre

Entretien avec Frédérique Cheinisse, proviseure, et Patrick Garcia, professeur d’économie-gestion vente et DNL (discipline non linguistique).

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Votre établissement est engagé dans une multitude d’actions à l’international, comment l’expliquer ?

FC : Je viens d’arriver en septembre 2018, mais j’ai vite réalisé que cet établissement avait clairement eu besoin de se re-structurer et proposer quelque chose de nouveau, ce que mon prédécesseur, Patrice Delamare, et Patrick Garcia s’étaient appliqués à faire ces quatre dernières années. Il fallait vraiment relancer l’image du lycée et l’ouverture à l’international avait été l’outil retenu. Pour les équipes et les élèves, cela a été une dimension essentielle. J’ai gardé ce cap et cela a été inscrit dans le projet d’établissement. Nous avons beaucoup d’élèves en catégorie défavorisée et qui n’ont pas souvent l’opportunité d’aller sur des espaces un peu différents de leur quotidien. Nous avons donc travaillé sur deux axes : l’anglais mais aussi le développement de l’autonomie.

Y-a t’il eu adhésion de l’ensemble des collègues ?

PG : Tout a commencé avec un projet Erasmus+ « L.E.M.O.N » pour lequel on avait mis en place différentes actions citoyennes. Dans la foulée, nous avons lancé un projet de lycée européen des métiers comme vecteur d’intégration et d’ouverture sociale, d’amélioration de l’anglais et d’ouverture professionnelle. Nous avons essayé de balayer toutes les opérations citoyennes menées par les enseignants, ce qui permet à nos élèves de se dépasser. Tout le monde était partant dans ce projet ! Et les résultats ont été un vrai succès : nos élèves ont retrouvé de l’ambition, font des BTS… L’an dernier, il y a eu 220 actions et projets.

FC : Ce qui est porteur dans cet établissement, c’est que les collègues sont énormément au contact, que ce soit de la vie associative ou des professionnels. L’idée de rencontre avec différents acteurs dans le monde « réel », c’est ce qui porte les équipes ici. L’établissement est dans une vraie dynamique et ça a un effet « boule de neige ». Presque tous les enseignants, tant du lycée professionnel que du lycée technologique,sont mobilisés à un moment ou un autre. Il y a beaucoup de partenariats, tout est porteur pour faire sortir les élèves.

PG : Par exemple, nous avons un vrai partenariat avec la mairie du Havre qui nous aide financièrement pour les déplacements de nos élèves en stage à l’étranger.

Voyez-vous un impact au quotidien ?

PG : Tout à fait, nous sommes passés de 39 à 15 dégradations par an et le chiffre est en baisse constante.

FC : Il n’y a pas un tag dans le lycée et nous n’avons plus de bris de glace. Très souvent, des élèves qui sont en stage et finissent leur journée tôt reviennent dans l’établissement avant de renter chez eux. Ils se sentent bien ici maintenant. 

Le regard des Havrais a-t-il changé sur votre établissement ?

FC : Énormément, j’en veux pour preuve le recrutement. Jusqu’alors, nous avions un faible pourcentage de premiers voeux sur les affectations et à la rentrée de 2018 il y a eu 80% de premiers vœux. Aujourd’hui, toutes nos sections sont pleines ! C’est bien une preuve du changement de l’image de marque de notre établissement sur Le Havre.

PG : C’est un changement global et l’européanisation a été un vecteur parmi d’autres. On s’applique à étendre les actions à toutes les sections du lycée. C’est aussi une façon d’intégrer tous les collègues. Qui n’avance pas recule, comment allez-vous pouvoir faire encore plus ?

FC : Quand nous rencontrons les parents des collégiens, nous leur présentons nos projets et leur parlons de cette ouverture à l’Europe et l’idée est que chaque élève aura l’occasion de partir pendant sa scolarité à Françoise de Grâce. Ce sera dans le prochain projet d’établissement. C’est une forme de contrat moral que nous nous appliquerons à honorer.

PG : Nous allons instaurer un roulement tant dans les actions proposées qu’au niveau des enseignants mobilisés pour éviter un phénomène d’essouflement car c’est lourd à porter.

Comment faites-vous connaître vos actions ?

FC : Il y a une forte présence sur internet ; une personne au sein de l’établissement est en charge de mettre en ligne nos informations.

PG : Nous avons créé un compte officiel Facebook, un portail « ouverture internationale » qu’on essaie d’alimenter au fur et à mesure. Nos élèves prennent des photos et ont maintenant l’habitude d’alimenter un de nos deux blogs qui sont animés par une collègue. C’est aussi un moyen de travailler un peu différemment avec les élèves et de mener une pédagogie différenciée.

Le mot de la fin de la proviseure ?

FC : Je suis heureuse et fière de travailler dans cet établissement.