Sur la trace des Pilgrim Fathers.

Entretien avec Barbara Cooper, professeure d’anglais, et Rachel Prigent, professeure d’histoire-géographie au lycée François 1er, Le Havre.

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- Comment est né ce projet ?

C’est un projet qui est né il y a plusieurs années. Nous cherchions à monter un échange avec le Royaume-Uni mais il était très difficile de trouver un établissement partenaire et un jour, nous avons vu sur la liste de diffusion d’anglais que la région du Massachusetts cherchait des lycées en France. Nous avons répondu et avons eu la chance d’être mis en contact avec Barnstable High School à Hyannis. Dans la foulée, nous avons accueilli un groupe de treize jeunes Américains. Nous nous sommes alors rendu compte que l’établissement cherchait plus un point de chute qu’un réel échange, ce qui ne correspondait pas à nos attentes, mais nous avons persévéré, avons accompli une nouvelle mobilité entrante, et l’excellente entente avec les enseignants américains a permis de faire évoluer les choses pour enfin réaliser un véritable échange en 2017 avec des mobilités réciproques : accueil en mars et voyage en octobre.

- Quels élèves participent à cet échange ?

Nous recrutons parmi nos élèves de classes de seconde et de première qui partent l’année suivante, donc lorsqu’ils sont en première et terminale, d’où le choix de partir en octobre par rapport au baccalauréat.

- Quel travail est mené en amont ?

Les élèves ont beaucoup échangé avec leurs correspondants, travaillé sur le blog de l’échange et préparé les visites qui avaient toutes un intérêt culturel ou historique. Ils ont aussi rédigé un article sur l’entrée en guerre des Américains lors de la Première guerre mondiale, article qui est publié dans le journal de Barnstable. Tous étaient très investis.

-  Comment s’est passé l’accueil des Américains ?

Très bien ! C’est l’établissement tout entier qui a été concerné, élèves et enseignants, beaucoup de gens ont profité de leur présence. Ça a eu un grand impact sur notre lycée. Les Américains sont restés trois jours complets en immersion dans l’établissement et ils sont allés dans beaucoup de cours de classes différentes et on a instauré le même système aux États-Unis. Ils ont découvert plein de matières différentes là-bas et ils ont même réalisé un jour le journal audio-visuel du lycée.

- J’imagine que leur séjour a été très riche.

Tout à fait. Ils ont assisté à plein de cours divers et variés pendant trois jours complets : cours de journalisme, ateliers d’audio-visuel, théâtre, répétitions de spectacles de music-hall, informatique,…Par ailleurs, ils ont notamment travaillé sur les mégalopoles américaines avec les visites de Boston et New-York. Sur place, toutes les visites étaient prises en charge par nos élèves qui à tour de rôle faisaient office de guides touristiques sur des sujets tels que la Freedom Trail à Boston ou l’historique de tel bâtiment à New-York… Ils ont également été très actifs lors de la visite de Plimoth Plantation (musée de plein air fondé en 1947, consacré à la colonie de Plymouth venue s'installer au Massachusetts au XVIIe siècle, colons connus sous le nom de Pères pèlerins), un moment fort du voyage. Qu’ils préparent toutes les visites faisait partie du projet.

- Et maintenant ?

Les contacts perdurent et nous avons même des élèves qui y sont retournés pendant leurs vacances. Des liens très forts se sont créés. En ce qui concerne l’échange, nous aimerions garder la fréquence d’un an sur deux avec les deux mobilités sur une année scolaire mais deux années civiles. Nous pourrions travailler sur la comédie musicale, le journalisme… les projets ne manquent pas.

- Que retenez-vous de cet échange ?

La qualité des échanges humains et l’expérience pédagogique. Les cours sont assez différents, ce qui a interpellé nos élèves. Nous allons certainement nous inspirer de ce que nous avons vu là-bas et faire évoluer nos pratiques. Nos programmes sont assez similaires mais la façon de les appliquer est différente et c’est ce qui rend ces échanges si intéressants !