4ème Journée régionale « Prévenir et agir contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport »

Le mardi 23 septembre 2025, la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports de l’académie de Normandie (DRAJES) et le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS Normandie) ont organisé une nouvelle journée consacrée à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport. Cette 4ᵉ édition a réuni plus de 400 acteurs normands au Palais des Sports à Caen.

Depuis 2020, le monde du sport est profondément marqué par des faits de violences sexuelles qui portent atteinte à la dignité et au respect de chacun. Le nombre important de signalements, toutes disciplines confondues, rappelle la nécessité d’une mobilisation collective pour mettre fin à ces violences, en identifiant les facteurs de risque : rapports hiérarchiques entre entraîneurs et sportifs, jeunesse des pratiquants, vulnérabilité de certains publics.
Les actions menées de longue date par les services de l’État et le CROS Normandie contribuent à prévenir et combattre ces violences. La forte participation à cette journée témoigne de l’engagement des acteurs régionaux.

Le témoignage de Sarah Abitbol : libérer la parole et accompagner la reconstruction

Sarah Abitbol, fondatrice et présidente de l’association La Voix de Sarah, est venue témoigner du viol qu’elle a subi à 15 ans. Pour elle, la prise de parole des sportifs est essentielle pour aider les victimes à s’exprimer et faire évoluer les pratiques.
« Le témoignage des sportifs est très important. Grâce à cela, les choses évoluent. Le rapport au corps a changé : un entraîneur doit demander à un sportif s’il peut le toucher dans le cadre d’un exercice. C’est la notion de consentement. Moi, à l’époque, on ne m’a pas demandé mon avis. »
Son association œuvre pour libérer la parole autour des violences sexuelles et psychologiques dans le sport, et pour accompagner les victimes vers la reconstruction.

De l’engagement à l’action : former et protéger dans le sport

Une table ronde réunissait :

  • Roxana Maracineanu, ancienne ministre des Sports, secrétaire générale de la Miprof,
  • Sarah Abitbol, présidente de La Voix de Sarah,
  • Bruno Mantel, enseignant-chercheur à l’UFR STAPS de Caen,
  • Valérie Cabuil, rectrice de la région académique Normandie.

En 2024, 30 signalements ont été enregistrés en Normandie. En Europe, un enfant sur sept est victime de violence, et une victime a 16 % de risques supplémentaires de devenir à son tour agresseur. La prévention doit donc intervenir très tôt.
Roxana Maracineanu a rappelé le rôle de tous : bénévoles, éducateurs, familles.
« Il ne s’agit pas d’être spécialiste mais de savoir repérer. La vigilance quotidienne de chacun permet de protéger les enfants. De nombreux outils existent déjà, les éducateurs sont formés, et des journées comme celle-ci sont essentielles. »
La rectrice a présenté le programme EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité), déployé de la maternelle au lycée pour promouvoir des relations respectueuses, prévenir le harcèlement et lutter contre toutes les formes de violence.
« Il est essentiel d’apprendre aux enfants, dès le plus jeune âge, qu’ils doivent respecter leur corps et alerter en cas de problème. La formation des enseignants, initiale et continue, est également indispensable. »
Bruno Mantel a présenté le guide pratique de prévention des violences dans le sport, distribué à la rentrée 2025 aux enseignants et étudiants STAPS.

Une politique régionale structurée : outils et actions pour un engagement durable

Anne-Laure Picot (DRAJES) et Aurore Jarry (CROS) ont présenté les outils développés conjointement pour accompagner les structures normandes :

  • Manifeste d’engagement contre les violences sexistes et sexuelles ;
  • Sensibilisations et formations ;
  • Outils pédagogiques (film animé, cocotte à questions, mallettes pour 6-12 ans et 13-17 ans, jeu Feelings) ;
  • Plateforme numérique de ressources ;
  • Campagnes de communication ciblées.

Ces dispositifs visent à prévenir les violences, soutenir les structures sportives et favoriser la libération de la parole.
À 12h30, l’Académie de Normandie, le CROS et les cinq CDOS ont signé la seconde version du manifeste, confirmant leur engagement.

Vers une relation athlète–entraîneur plus positive

L’après-midi était consacré à la relation athlète–entraîneur, avec les interventions d’Élise Marsollier et de Céline Delhaye Joviado, toutes deux expertes de l’accompagnement et de l’éthique sportive.
En fin de journée, une cinquantaine de structures ont également signé le manifeste, illustrant leur mobilisation concrète.
Cette 4ᵉ édition marque un jalon fort dans l’engagement à long terme de l’État et du mouvement sportif pour prévenir et combattre les violences sexistes et sexuelles dans le sport, à l’école comme en dehors. Seule une mobilisation collective permettra de créer un environnement sûr et inclusif pour toutes et tous en Normandie.

Mise à jour : septembre 2025