Muséales en Normandie
Pour rappel, ce parcours invite les classes à partir à la rencontre d'une œuvre dans un musée, à l'observer, la ressentir, la questionner. De cette rencontre nait ensuite un projet collectif de création artistique et littéraire. Encadré par les musées du territoire et le Réseau des Musées, le dispositif permet aux collégiens et lycéens de travailler de manière interdisciplinaire autour d’œuvres sélectionnées par les structures partenaires.
Cette année, le thème « Résonances » propose aux élèves de mettre en dialogue l'œuvre choisie avec leurs propres souvenirs, émotions et expériences, puis de se lancer dans la création d’une œuvre collective. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l'inspiration ne manque pas !
Au musée Blanche Hoschedé-Monet à Vernon
C’est l’univers de Claude Monet et son fameux tondo Les Nymphéas qui ont interpellé la classe de 5ème du collège Jeanne d’Arc lors d’une visite passionnante du musée. Invités d’abord à formuler par écrit leurs émotions, impressions et résonances personnelles, les élèves ont ensuite fait dialoguer les Nymphéas avec un geste artistique aussi simple qu’inattendu : peindre un caillou pour y traduire, par la couleur et la matière, ce que Monet leur a fait ressentir. Un travail d’écriture littéraire a pris le relais en cours de français pour dire, en mots, les émotions suscitées par l’œuvre. Le point d’orgue du projet a eu lieu sur les bords de Seine, face à Giverny : les élèves ont immergé leurs cailloux dans le fleuve, tandis que trois d’entre eux donnaient voix au texte choisi collectivement. Arts plastiques, écriture, performance : cette rencontre artistique a multiplié les résonances, comme en témoigne Maélya "Ça fait du bien, d’habitude on voit toujours les tableaux de Claude Monet sur les réseaux, ça fait du bien de les voir en vrai !"
Les élèves de 5ème découvrent Monet au musée Blanche Hoschedé-Monet : une rencontre inspirante…
A Petit-Quevilly
La classe de 4ème 1 du collège Fernand Léger s’est laissée embarquer pour le musée Pierre Corneille de Petit Couronne. Après une visite de découverte, la classe a choisi de s'emparer de la lithographie Les Deux Corneille d'Hillemacher pour écrire, en vers, une pièce de théâtre, qu'elle a ensuite tournée dans les espaces mêmes du musée. Les élèves se sont fait acteurs, cadreurs, techniciens, et il leur a fallu travailler dur pour tenir leur rôle : apprentissage des rôles, choix des costumes et des accessoires, répétitions. Le projet ambitieux ne les a pas rebutés, bien au contraire. Exprimant leur ressenti sur cette expérience artistique et culturelle, les élèves sont unanimes : un projet motivant, instructif, durant lequel ils ont aimé découvrir la vie d’un écrivain du XVIIè siècle, mais aussi écrire, jouer, filmer, et coopérer pour la réussite du projet. "J’ai pris confiance en moi, je me suis senti de plus en plus à l’aise à jouer mon rôle", explique l’un d’eux. "J’ai aimé proposer des idées pour l’écriture et qu’elles soient prises en compte, confie un autre." Les enseignants quant à eux parlent d'un résultat qui "a dépassé leurs espérances".
Silence on joue ! Répétitions au musée Pierre Corneille pour les élèves de la classe de 4ème1.
Au centre d’art Le Point du Jour à Cherbourg
C’est la classe de 6ème B/C du collège Le Hague Dike qui a plongé dans l’univers photographique de Nicolas Floc’h. Le titre du projet parle de lui-même : Et l'Orqual surgit du fond de la Manche ! Dans un premier temps en cours d’Arts Plastiques, les élèves ont dessiné, à l'encre de Chine, en grand format, leur propre créature des profondeurs. Ils ont ensuite visité l’exposition : muni de son monstre et d'une tablette, chaque élève a alors fait littéralement entrer son monstre hybride dans les paysages subaquatiques de l'artiste, explorant le pouvoir fictionnel de l'image photographique. En parallèle, le cours de français a nourri le projet : mythes vikings, vocabulaire du monstre, écriture collective et progressive ont donné naissance à une nouvelle au titre on ne peut plus intriguant : "Lodbrok contre L’Orqual L’Avaleur".
Chacun dessine son monstre. Puis rendez-vous au Point du Jour pour plonger dans l’univers photographique de Nicolas Floc’h.
Au collège Foch de L’Aigle
Enfin, des classes de 3ème ont remonté le temps au Musée des Beaux-Arts de Caen pour interroger la fragilité de l'existence à travers la Vanité aux fleurs et au crâne de Van Veerendael. Les élèves ont appris à identifier et interpréter les symboles, les compositions et les intentions artistiques. « Derrière chaque œuvre se cache une signification ou une morale. » témoigne l’un d’entre eux. Invités ensuite à créer, en résonance, leurs propres natures mortes, les élèves ont confronté leurs productions photographiques à des images générées par intelligence artificielle. Un face à face qui leur a permis d’aiguiser leur esprit critique pour questionner le réel, la fiction et la vanité des préoccupations contemporaines. "J'ai appris que chaque élément disposé sur un tableau n'est pas mis au hasard", confirme un élève.
Séance Croquis devant les œuvres du MBA de Caen, puis écriture réflexive sur la Vanité aux fleurs et au crâne de Van Veerendel, avant de concevoir sa propre Vanité photographique
Ces premiers retours d’expériences témoignent de l’engagement très fort des élèves dans les projets d’éducation artistique et culturelle.
Les réalisations finales, vivement attendues, seront dévoilées en juin !
Mise à jour : avril 2026













