Entretien

Entretien avec Chloé Mauconduit, enseignante au collège Jacques Émile Blanche de Saint-Pierre-Lès-Elbeuf.

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Europe et International

Vous revenez d’un mois en Allemagne dans le cadre d’un programme d’études pour professeurs d’histoire et géographie. Qu’est-ce qui vous a poussée à postuler ?

J’ai vu un courriel à ce sujet, j’ai toujours été intéressée par l’allemand et je souhaite un jour travailler en classe européenne. Approfondir l’aspect  linguistique et découvrir le système scolaire allemand me parlaient vraiment. La durée d’un mois me semblait parfaite. J’ai la certification DNL ( habilitude en enseigner en Discipline non linguistique en section européenne) et ce type de séjour permet de retrouver de la fluidité à l’oral.

Pourquoi ce désir d’enseigner en classe européenne ?

Pour le défi que ça représente d’enseigner en langue étrangère. Et découvrir de nouvelles pratiques plus centrées sur la communication, les échanges. Je pourrais d’avantage approfondir certaines thématiques, découvrir un public différent du collège.

Qu’avez-vous découvert pendant votre séjour à Francfort-sur-le-Main ?

Déjà, le système en lui-même, car je ne m’étais jamais rendue en Allemagne. Les Gymnasium présentent bien des différences avec les établissements français, tant au niveau du mode de fonctionnement que des pratiques pédagogiques. Les cours sont beaucoup plus « dialogués », et les enseignants sont là pour permettre aux élèves d’exprimer ce qu’ils connaissent, de confronter leurs points de vue. L’approche est vraiment différente, il y a beaucoup plus d’oral et très peu de traces écrites. Il y a une plus grande autonomie des élèves, un grand respect, une meilleure qualité de réflexion. Ils osent plus qu’en France ! Il y a beaucoup moins de contrôles écrits que chez nous, les collégiens sont évalués sur l’oral. « Faire sens » est plus important que suivre un programme à la lettre. Une autre source d’étonnement a été de découvrir qu’il n’y avait pas de vie scolaire, pas de permanence. Ce sont les enseignants qui assurent la surveillance dans les couloirs, accueillent les élèves des collègues absents. Les professeurs me semblent beaucoup plus à l’écoute des élèves.

Êtes-vous revenue changée ?

Oui, un petit peu. Déjà, j’ai ramené cette idée de faire des fiches individualisées de mes élèves et leur fixer des objectifs en fonction des difficultés qui leur sont propres. J’essaie de leur faire plus confiance et leur laisser plus d’autonomie ; il faut les écouter, ils ont des choses à dire. Je leur propose beaucoup plus de jeux de rôles.

Avez-vous pu échanger à ce sujet avec vos collègues dans votre collège ?

Avec les collègues d’histoire et l’enseignante d’allemand, mais je n’ai pas eu l’occasion d’échanger avec les autres professeurs. C’est vrai que c’est un peu frustrant, je me suis sentie en décalage à ce moment-là. J’ai été vite prise par le rythme des cours, les devoirs, les conseils de classe. Par contre, si j’arrive à avoir un poste en DNL, ce séjour m’aura énormément apporté au niveau de la confiance en moi et ma capacité à m’exprimer en allemand.

Quel bilan global en tirez-vous ?

Beaucoup de positif, tant au niveau personnel que professionnel. Humainement, l’expérience a été très enrichissante et parallèlement, j’ai découvert de nouvelles pratiques, d’autres façons de faire cours. J’ai gardé  contact avec des collègues là-bas, ce qui est vraiment intéressant. Franchement, je ne vois rien de négatif. C’est vraiment quelque chose qu’il faut faire, une remise en question bénéfique. Je recommanderais à tous les collègues qui veulent enseigner en DNL de postuler. En plus, comme il y a une bourse, les frais sont pris en charge, ce qui est un aspect non négligeable.

Trois mots pour résumer cette expérience ?

Découverte, échange, partage.